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Session 11 – Les Ateliers Sauvages : Art contemporain, espace urbain et pratiques d’autonomie culturelle en Algérie. Dialogue entre Wassyla Tamzali et Zouina Ait Slimani — VENDREDI 12 JUIN 2026

Zouina Ait Slimani, PhD, chargée de cours UCO Angers. Chercheuse associée LARHRA, Université Grenoble Alpes / Wassyla Tamzali, écrivaine, avocate et militante féministe algérienne

Fondés à Alger en 2015 à l’initiative de Wassyla Tamzali, Les Ateliers Sauvages constituent un espace indépendant dédié à la création contemporaine, à la recherche artistique et à la rencontre entre artistes, chercheur·ses et publics. Né d’une démarche privée installée dans une ancienne friche industrielle réappropriée au cœur d’Alger, ce lieu-laboratoire s’inscrit dans une réflexion plus large sur les conditions de production de l’art contemporain en Algérie, les formes d’autonomie culturelle et le rôle des initiatives indépendantes dans la fabrique de nouveaux récits artistiques. À partir de l’expérience des Ateliers Sauvages, cette rencontre interrogera les liens entre création artistique, espace urbain et engagement culturel, ainsi que les défis auxquels sont confrontés les artistes et les acteur·rices de la scène contemporaine algérienne.

Wassyla Tamzali est écrivaine, avocate et militante féministe algérienne. Inscrite au barreau d’Alger en 1967 parmi les premières femmes avocates du pays, elle rejoint ensuite l’UNESCO à Paris, où elle consacre plus de vingt ans à la défense des droits des femmes. Elle représente l’organisation aux grandes conférences internationales de Copenhague (1980), Nairobi (1985) et Pékin (1995), avant d’être nommée directrice du programme pour la promotion de la condition des femmes en Méditerranée. De retour à Alger en 2002, elle poursuit son engagement féministe à l’échelle internationale et est à l’initiative, en 2012, de l’Appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité. Elle est notamment l’autrice d’Une éducation algérienne (Gallimard, 2007), d’Une femme en colère (Gallimard, 2009) et, avec l’historienne Michelle Perrot, de La tristesse est un mur entre deux jardins (Odile Jacob, 2021). En 2015, elle fonde Les Ateliers Sauvages, premier exemple de mécénat culturel privé en Algérie — un centre de création contemporaine et de résidence d’artistes au cœur d’Alger, qui synthétise l’ensemble de ses engagements politiques, féministes et artistiques.

Zouina Ait Slimani est docteure en histoire de l’art de l’Université de Genève, où elle a soutenu une thèse sur l’émergence de la critique d’art en Irak (1922–1972). Formée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle est aujourd’hui chargée de cours à l’Université catholique de l’Ouest à Angers, où elle enseigne l’art moderne des mondes arabes. Ses recherches portent sur les dimensions esthétiques, politiques et transnationales de la critique d’art en Irak, les avant-gardes maghrébines, les artistes irakiens de l’École de Paris et le rôle du Liban comme espace de circulation des discours critiques entre le monde arabe et l’Europe. Elle prépare un ouvrage sur la période parisienne du peintre et sculpteur Jamil Hamoudi et fait partie de Manazir, plateforme dédiée aux arts visuels et au patrimoine de la région MENA.

Infos pratiques (English text below):

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera en mode hybride.

  • Périodicité : 1er et 3e vendredi du mois, du 14 novembre 2025 au 26 juin 2026
  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : Zoom

Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com

Practical info

The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Frequency: 1st and 3rd Friday of the month, from November 14, 2025 to June 26, 2026
  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • VideoconferenceZoom

For more information, please contact us at the following address: arvimm.groupe(at)gmail.com

Séance 10 — “Tunis, capitale de l’art algérien en exil ? (1956-1962)” / “Edgard Naccache journaliste et peintre : les reformulations d’un engagement de Tunis à Paris”, 22 mai 2026

Lydia Haddag, docteure en histoire de l’art de l’Université Paris 1, et Alain Messaoudi, maître de conférences, Nantes Université, CRHIA

Durant la guerre d’indépendance algérienne, Tunis devient un refuge pour la production artistique et intellectuelle algérienne en exil. Tandis que le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) y établit ses bases diplomatiques, la ville accueille un nombre croissant d’artistes, d’intellectuel·les et de militant·es, certain·es s’y installant volontairement, d’autres y étant contraint·es suite à des expulsions d’Algérie ou de France. On s’intéressera aux formes de vie artistique de la diaspora algérienne en Tunisie entre 1956 et 1962, aux réseaux d’entraide, ainsi qu’aux créations pluridisciplinaires (théâtre engagé, peinture, poésie) qui ont pu exister. Il sera question des conditions matérielles de cet exil (lieux, ressources, circulations) et des enjeux qui traversent ces productions. En déplaçant la focale habituellement centrée sur Paris, il s’agira de lire Tunis comme un foyer temporaire de recomposition des mondes de l’art algériens et de montrer comment ces pratiques s’inscrivent dans une contre-cartographie artistique de la lutte anticoloniale.

Edgard Naccache (Tunis, 1917-Paris, 2006) a connu une relative reconnaissance comme peintre. Après avoir longtemps conjugué peinture et journalisme, et manifesté son engagement en faveur de la libération du Maghreb face à la domination de l’Etat français, il a quitté en 1962 la Tunisie où le pouvoir autoritaire de Bourguiba mettait fin au pluralisme de la presse pour s’installer dans la région parisienne. Son cas permet de réfléchir à la façon dont un artiste venu du Maghreb, à travers ses productions plastiques, a cherché de nouvelles formes dans sa quête d’émancipation, à travers le mouvement de la figuration narrative et en s’appuyant sur des municipalités communistes.

Infos pratiques (English text below)

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : Zoom

Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com

Practical info

The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • Videoconference: Zoom

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Séance 9 – Séance des étudiant·e·s – 17 avril 2026

17 avril 2026

Séance des étudiant·e·s

L’art en contexte de conflit et d’exil syriens après 2011 : l’image et la performance comme outils de reconfiguration des récits individuels et d’une mémoire collective
Kenan Khatib, doctorant en arts plastiques, Université Rennes 2 (UR PTAC, EUR CAPS)

Entre survivance et exil, cette thèse de recherche-création s’ouvre sur une réflexion autour de la mémoire d’une ville détruite, sur les manières de la représenter dans un contexte géopolitique et culturel transformé par la guerre, et interroge le rôle de l’art dans la revitalisation de cette mémoire, individuelle et collective. L’artiste exilé·e devient survivant·e, redéfinissant son travail artistique à travers son parcours personnel et la réinvention d’une identité professionnelle, où l’art constitue à la fois un acte de résistance et un défi. Il s’agit, à partir de la communauté artistique syrienne installée à Berlin, Paris et ailleurs, d’analyser le rôle du collectif et du commun, ainsi que la transformation des espaces sociaux du travail artistique dans un environnement instable et conflictuel. Prenant l’espace public comme champ d’exploration, ce projet articule une recherche située et une pratique artistique socialement engagée pour examiner l’art comme outil d’action collaborative, de reconstruction et d’émancipation sociale.

Kenan Khatib est artiste et doctorant en arts plastiques à l’Université Rennes 2 (UR PTAC, EUR CAPS). Né à Damas, Syrie, il vit en France. Sa pratique artistique s’articule autour de la performance, de la vidéo, des installations visuelles et sonores, ainsi que de la danse des derviches tourneurs, à laquelle il a été initié dès l’enfance. Il a progressivement développé un parcours artistique professionnel marqué par des collaborations et des expérimentations au sein de divers ensembles en Syrie et dans plusieurs pays. À travers son projet de recherche-création, il explore la manière dont l’art peut revitaliser la mémoire personnelle et contribuer à la mémoire collective, en interrogeant la place de l’individu et des collectifs dans les contextes de conflit et dans les villes d’exil.

Légitimer la photographie parmi les arts : une histoire de collectifs, entre Kénitra, Dakar et Maputo (1980-2010)
Julia Hancart, doctorante en histoire de l’art, Université Paris Nanterre, HAR

L’entrée de la photographie dans le champ artistique s’est faite de manière progressive et souvent conflictuelle. Depuis son invention au XIXe siècle, elle est longtemps restée tenue à distance du monde de l’art en Europe. Ce n’est qu’à partir des années 1970 qu’elle accède à un statut artistique, à la faveur de processus de légitimation institutionnelle – dont témoigne notamment la création du festival des Rencontres photographiques d’Arles en France.
Cette histoire demeure bien moins documentée sur le continent africain. L’historiographie dominante situe généralement les années 1990 comme l’avènement d’une « photographie africaine » dans le champ artistique – un label dont on peut interroger la pertinence. Cette reconnaissance est souvent associée à la création des Rencontres photographiques de Bamako en 1994, une initiative largement portée par des acteurs français.
Cette lecture tend cependant à occulter des dynamiques antérieures. Dès les années 1980, plusieurs initiatives émergent avec la volonté affirmée de faire reconnaître la photographie comme un art à part entière. Celles-ci sont portés par les photographes eux-mêmes, qui, se regroupent en collectifs afin d’exposer leurs travaux auprès d’un public local. Ainsi, en 1981, le Salão nacional de arte fotográfica [Salon national d’art photographique] est lancé à Maputo par un groupe de photojournalistes à l’origine de l’Associação Moçambicana de Fotografia [Association mozambicaine de photographie], créée la même année. En 1987, un autre Salon national d’art photographique est initié à Kénitra, au Maroc. Celui-ci, porté par une quarantaine de photographes amateurs, conduit à la création de l’Association marocaine d’art photographique en 1988. À Dakar, un collectif plus informel se constitue en 1990 et organise, dès 1992, le Mois de la Photo, une biennale soutenue par le Centre culturel français.
Longtemps reléguées aux marges d’une histoire de l’art occidentalocentrée, ces initiatives constituent des jalons essentiels dans les processus locaux de légitimation de la photographie. Elles mettent en évidence le rôle structurant des dynamiques collectives dans l’émergence de nouvelles scènes artistiques. Cette intervention propose d’en retracer les trajectoires, d’en esquisser les circulations et les échanges, tout en accordant une attention particulière à la singularité du cas marocain.

Julia Hancart est doctorante en histoire de l’art et rédactrice en chef adjointe pour Le Grand Tour, revue annuelle dédiée aux biennales d’art contemporain. Diplômée de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Sciences Po Paris, elle a travaillé dans des institutions publiques (Cnap, Centre Pompidou) et des galeries (Gagosian, Thaddaeus Ropac). Elle a coordonné le numéro inaugural des Cahiers du Collège International de Photographie, et mène actuellement des recherches en vue d’une thèse intitulée « Exposer la photographie depuis l’Afrique : une histoire de collectifs (1981-2010) », à l’université Paris-Nanterre, où elle enseigne l’histoire de l’art.

Infos pratiques (English text below)

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : Zoom

Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com

Practical info

The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • Videoconference: Zoom

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Séance 8 — Les Cahiers d’avant la chute : “la révolution sera aussi de papier” — Vendredi 10 avril 2026

10 avril 2026

Les Cahiers d’avant la chute : “la révolution sera aussi de papier”

Rencontre-discussion entre Tinouche Nazmjou et Claudia Polledri (PhD, Université de Montréal)

La revue  Les cahiers d’avant la chute publiée à l’initiative de la librairie et maison d’édition Utopiran – Naakojaa (« non-où » en persan), créée à Paris en 2012 et dirigée par Tinouche Nazmjou (metteur en scène de théâtre, traducteur, éditeur et libraire), est un exemple fort intéressant de la mobilisation des diasporas iraniennes en relation au soulèvement révolutionnaire Femme, Vie, Liberté débuté en Iran en 2022. Cette revue s’inscrit dans le courant plus large de l’édition iranienne transnationale qui vise la création « d’un nouveau tissage du local et du transnational au sein des textes, ainsi que des pratiques culturelles de la diaspora iranienne » (Nanquette, 2022). À la fois chronique, laboratoire d’idées et collecte de témoignages réunissant les voix d’intellectuels et d’artistes, les cinq numéros publiés entre novembre 2022 et février 2023, dont l’un dédié aux oeuvres du dessinateur et illustrateur dissident iranien Mana Neyestani (né en 1973 à Téhéran), et l’autre collectant les images de « citoyens reporteurs » en Iran, renouvellent les pratiques militantes de la littérature pamphlétaire de la diaspora iranienne, dont les mouvements étudiants des années 1970, notamment aux États-Unis, ont produit plusieurs exemples (Taegue, 2024). Cette rencontre avec Tinouche Nazmjou sera l’occasion de revenir sur le processus de publication des Cahiers, sur la démarche éditoriale ainsi que sur les enjeux qui sous-tendent le projet.

Claudia Polledri est chercheuse à l’Université de Montréal (Laboratoire CinéMédias – CRIalt) et chargée de cours à l’UQAM (Département d’histoire de l’art).

Infos pratiques (English text below)

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : TEAMS

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  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • VideoconferenceTEAMS

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Séance 7 — Négocier les territoires de l’innovation dans le champ de la calligraphie arabe. Modernité et contestation chez Mouneer Shaarani

27 mars 2027

Négocier les territoires de l’innovation dans le champ de la calligraphie arabe. Modernité et contestation chez Mouneer Shaarani

Marie Abdalla Tuffery, doctorante CRAL/CEHTA – EHESS 

Inscrite depuis 2020 sur la liste du patrimoine mondial immatériel de l’humanité, la pratique de la calligraphie est façonnée par d’importants enjeux. Le souci de la préservation d’un héritage culturel et artistique ainsi que la forte charge symbolique religieuse et identitaire portée par la calligraphie en font un champ artistique marqué par un certain conservatisme esthétique et idéologique.

Les calligraphes explorant des pratiques calligraphiques non orthodoxes rencontrent généralement de fortes résistances de la part des institutions les plus conservatrices. En particulier, les créations de nouveaux « styles » calligraphiques, tels que ceux inventés par le Syrien Mouneer Shaarani (1952-) ou l’Irakien Wissam Shawkat (1974-), font l’objet de réceptions contrastées. Cette contribution se penchera sur les discours et les parcours d’artistes calligraphes qui tentent de faire évoluer les normes et d’élargir les frontières de la discipline depuis les années 1990. L’analyse des arguments mis en avant pour justifier et promouvoir l’innovation esthétique permet en creux de mieux caractériser les ressorts des résistances institutionnelles, au croisement de dynamiques religieuses et idéologiques, et d’arguments plus pragmatiques. À travers l’étude des discours et des parcours de ces artistes, cette intervention interrogera les liens entre orthodoxie esthétique et conservatisme idéologique d’une part, et tendance à l’innovation formelle et prises de position plus subversives d’autre part.

Marie Abdalla Tuffery est diplômée de SciencesPo Paris et doctorante chargée d’enseignement au sein du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CRAL) – EHESS. Sous la direction de Rémi Labrusse et Séverine Sofio, elle travaille à une thèse intitulée Le concept de “calligraphie arabe moderne” : entre critique et préservation d’une tradition (des années 1970 à nos jours)

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Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : Zoom

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The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • Videoconference: Zoom

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Séance 6 — Des contre-espaces de l’art à la prison : Anadolu Kültür et la dissémination des contre-récits en Turquie autoritaire (2002-2022) — 20 mars 2026, 15h20, Inalco

20 mars 2026

Attention : séance dans le cadre de la journée d’étude  “Résistances et solidarités transnationales avec les artistes et intellectuel·les de Turquie (depuis 1980)” du Cermom, Inalco, 65 rue des Grands Moulins, 75013 – Amphi 5, 9h-18h30, M14 Bibliothèque François Mitterrand. Entrée libre, présentiel

Des contre-espaces de l’art à la prison : Anadolu Kültür et la dissémination des contre-récits en Turquie autoritaire (2002-2022) — 15h20

Perin Emel Yavuz, historienne de l’art, Idem — Institut pour la démocratie

Le cas d’Osman Kavala illustre de manière frappante le paradoxe qui structure la réception occidentale de la dissidence artistique et intellectuelle en Turquie. Bien que Kavala ait été, depuis les années 1990, un pilier discret mais essentiel du soutien à la culture critique et aux contre-récits (notamment via Anadolu Kültür, une institution culturelle à but culturelle non lucratif créée en 2002), sa figure n’est entrée dans la conscience internationale qu’à partir de son incarcération en 2017 suite à la répression des manifestations de Gezi (2013). Cette mise en lumière post-répression pose une question centrale soulevée par cet appel : l’Occident ne s’intéresse-t-il aux artistes et intellectuel·les de Turquie qu’au prisme de leur oppression, plutôt qu’à la substance même de leur résistance ? Cette communication propose d’analyser le développement et l’action d’un contre-espace culturel et ses déclinaisons (Depo à Istanbul, Diyarbakır Arts Center (DSM)) soutenus par Kavala. Ces initiatives ne se limitent pas à une opposition frontale, mais constituent des réseaux discrets permettant une dissémination des contre-récits historiques et politiques, notamment autour des questions arméniennes, kurdes et des minorités, sujets sensibles.

Nous explorerons plus spécifiquement trois axes qui répondent aux problématiques de l’appel. Premièrement, nous analyserons la stratégie des lieux et la censure : comment le choix des espaces alternatifs (Depo, DSM), opposés aux institutions officielles (Biennale d’Istanbul, Istanbul Modern), permet d’outrepasser la censure diffuse et l’autocensure, en créant des zones d’autonomie pour la production artistique et la mémoire citoyenne. Deuxièmement, nous nous pencherons sur l’articulation des réseaux : le rôle de ces plateformes comme mécanismes relais dans la circulation des œuvres et des idées entre la Turquie et l’Europe. Nous analyserons comment elles ont renforcé les solidarités transnationales bien avant l’incarcération de Kavala. Enfin, nous interrogerons le mythe du prisonnier : le paradoxe selon lequel l’emprisonnement de Kavala, figure de l’intellectuel persécuté, a conféré une visibilité internationale et un capital symbolique accru aux causes et aux artistes qu’il a soutenus, repensant l’efficacité des stratégies de résistance face à la répression. En examinant comment l’art soutenu par Kavala agit comme un vecteur d’empowerment citoyen fragmenté et situé, cette recherche vise à repenser les modalités de la résistance artistique dans un contexte autoritaire modernisé.

[séance annulée] L’orchidée souterraine. In Vitro et les paradoxes d’une utopie écologique palestinienne – 27 février 2026

L’orchidée souterraine. In Vitro et les paradoxes d’une utopie écologique palestinienne

Joan Grandjean, chargé de cours au sein de l’École Universitaire de Recherche Creative Approaches to Public Space (EUR CAPS), Université Rennes 2 (PTAC – Pratiques et Théories de l’Art Contemporain)

Cette intervention montrera et analysera des extraits du film In Vitro (2019) de Larissa Sansour et Søren Lind comme une manifestation paradigmatique de la science-fiction palestinienne contemporaine. Présenté à la Biennale de Venise sous forme d’installation multimédia, ce court-métrage dystopique explore les modalités de reconstruction écologique et mémorielle dans une Palestine post-catastrophe. Le film met en scène deux femmes tentant de reconstituer artificiellement l’écosystème palestinien disparu depuis un bunker souterrain, interrogeant ainsi les possibilités de résilience face au traumatisme transgénérationnel. Durant cette séance, nous nous intéresserons à la façon dont In Vitro articule la question de la survivance mémorielle avec celle de la régénération écologique dans un contexte de résistance anticoloniale en creux, proposant une utopie écologique où lutte environnementale et décolonisation s’entremêlent. L’analyse révèle que la science-fiction permet à Sansour et Lind de dépasser les représentations nostalgiques classiques de l’art palestinien pour imaginer des voies alternatives de reconstruction, faisant du laboratoire souterrain un espace symbolique de résistance et de renaissance. En inscrivant l’éco-anxiété dans une perspective décoloniale, In Vitro ouvre des horizons utopiques où la réparation écologique devient indissociable de l’émancipation politique.

Joan Grandjean est chargé de cours au sein de l’École Universitaire de Recherche Creative Approaches in Public Space de l’université Rennes 2, rattaché au PTAC (EA 7472 – Pratiques et Théories de l’Art Contemporain). Ses recherches portent sur l’intersection entre l’art contemporain, la mondialisation et les futurs imaginés. Il a co-dirigé « Photographie et politique », un double numéro de Tumultes, et le catalogue d’exposition Arabofuturs. Science-fiction et nouveaux imaginaires à l’Institut du monde arabe. Impliqué dans plusieurs associations de recherche comme l’ARVIMM, il a également cofondé la plateforme Manazir et fait partie du comité éditorial de Manazir Journal.


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  • Périodicité : 1er et 3e vendredi du mois, du 14 novembre 2025 au 26 juin 2026
  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
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The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Frequency: 1st and 3rd Friday of the month, from November 14, 2025 to June 26, 2026
  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
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Séance 4 – visite à la Cité internationale des arts – 23 janvier 2026

23 janvier 2026 [exceptionnellement, la séance aura lieu uniquement en présentiel et commencera à 14h au sein de la Cité internationale des arts]

Rencontres d’artistes et visite d’exposition à la Cité internationale des arts

Efrîn Özyetiş et Pamela Tulizo, artistes en résidence, Vincent Gonzalvez, directeur des résidences, de la programmation et de la communication et Mathieu Girard, chargé de l’accompagnement professionnel et du programme de résidences pour les artistes en situation d’exil, Cité internationale des arts, Simona Dvorak, co-curatrice de l’exposition Paris des vi(ll)es

La prochaine séance du séminaire ARVIMM se déroulera autour de trois temps forts : une rencontre avec deux artistes dans leurs ateliers respectifs, suivie d’un échange avec l’équipe en charge de la programmation et des résidences de la Cité, avant de conclure par une visite avec une des curatrices de l’exposition « Paris des Vi(ll)es | Intimités publiques » qui interroge les représentations urbaines de Paris au sein d’un dispositif collectif par des artistes d’origines et de pratiques multiples.

Vous trouverez plus d’informations sur le site de la Cité internationale des arts

La qualité des échanges lors des visites d’ateliers nécessite de privilégier une jauge de 30 personnes maximum. C’est pourquoi nous procéderons par inscription afin de garantir à chacun·e de pouvoir observer les œuvres dans de bonnes conditions, poser ses questions et bénéficier d’une attention personnalisée de la part des artistes.

Pour vous inscrire et définir ensemble le format définitif du groupe, merci de réserver en cliquant sur ce lien. Les places étant limitées, nous vous encourageons à vous manifester rapidement avant le 20 janvier 2026. Le rdv se fera au site du Marais, 18, rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris