Tous les articles par Perin Yavuz

Séance 12 — Avant-gardes decoloniales, programmes d’émancipations culturels afro-arabes — Vendredi 26 juin 2026

Ted Joans, Sans titre (Autoportrait avec Ahmed Yacoubi), 1962, huile sur toile, collection particulière, © Courtesy the estate of Ted Joans and Zurcher Gallery, New York Paris
Aymen Tahin, doctorant, École doctorale de philosophie de la Sorbonne et au laboratoire HiPhiMo (Centre d’histoire des philosophies modernes de la Sorbonne)

À partir des années 1950 les artistes arabes prennent conscience que l’indépendance politique ne signifie pas la décolonisation effective des sociétés et des subjectivités. Deux problèmes émergent alors comme structurants: d’une part, l’héritage culturel, altéré, folklorisé et réduit par les impérialismes et colonialismes, voit sa valeur définie selon des épistémès occidentales, c’est le problème de l’héritage. D’autre part, cette altération affecte la capacité des sujets arabes à produire leurs propres normes et standards esthétiques, à se subjectiver suivant un goût propre, c’est le problème du goût. Ces deux problèmes, indissociables, constituent le nœud des démarches artistiques et discursives qui préoccupent les modernités arabes. Nous pouvons nommer ce jeu de problèmes et solutions, à la suite de Laâbi s’appuyant sur Fanon, réhabilitation. Ce terme renvoie à une grammaire spécifique, une “terminologie de la décolonisation”, qui, loin de se limiter à la sphère plastique, implique des opérations de réparation des historicités, de redéfinition des corpus culturels, de revalorisation des standards de goût, et de reconquête des subjectivités collectives. Il s’agit en dernière instance d’une refonte épistémologique de la culture et de la sensibilité arabe. En ce sens, la réhabilitation constitue un champ sémantique – à travers des concepts comme la culture nationale, la “personnalité” arabe ou encore la révolution culturelle – qui permet de penser une contre-cartographie des projets modernistes immanente aux mondes arabes, déliée de la dépendance à l’égard de l’occident.

Toutefois, cette géographie ne se limite pas à l’espace arabe. Le discours réhabilitatif s’inscrit dans un continuum de pensée et de lutte plus vaste. De la sémantique fanonienne présente dans les travaux de l’École de Casablanca ou du groupe Aouchem, à la grammaire anti-impérialiste mobilisée par Saloua Raouda Choucair ou Jawad Salim, les démarches artistiques arabes trouvent un ancrage dans un même programme de révolution culturel. Ce dernier se rapporte aux pensées de figures révolutionnaires tricontinentaliste comme celles de Gamal Abdel Nasser, Kwame Nkrumah, Soekarno ou Amilcar Cabral, contemporains des modernités arabes. La réhabilitation alors sert d’opérateur critique tout en situant les artistes arabes à deux niveaux géographiques complémentaires: elle permet à la fois de penser l’émergence d’un espace esthétique arabe autonome et de relier cet espace à un projet mondial de résistance culturelle propre aux Suds globaux et aux luttes anti-impérialistes. 

Nous chercherons alors à montrer que cette “terminologie de la décolonisation” constitue en soi l’occasion d’une contre-géographie qui pose à l’échelle arabe le discours réhabilitatif comme texte où l’artiste arabe peut penser une spatialisation arabe autonome culturellement. A une échelle plus globalisée, le champ sémantique et la démarche réhabilitative investie par les artistes les ancre dans une cartographie tricontinentaliste et panafricaine qui converge dans une philosophie globale de la libération culturelle qui vise à poser les conditions d’un nouveau sujet esthétique décolonisé.

Aymen Tahin mène une thèse, intitulée “Esthétique et histoire de l’art décoloniale au Maroc”, qui propose une relecture critique des cadres épistémologiques à partir desquels l’histoire artistique marocaine moderne et contemporaine a été construite, afin d’en décoloniser les fondements. Il s’agit d’élaborer de nouveaux concepts, critères, catégories, chronologies et outils interprétatifs qui permettent d’accéder aux œuvres en dehors des médiations conceptuelles occidentalocentrées. Son travail s’étend également à l’étude des modernités artistiques arabes, dans le but de penser un cadre théorique capable de rendre compte de leur singularité et de leurs spécificités, en les délivrant des lectures fondées sur une supposée dépendance vis-à-vis des modernités occidentales.

Infos pratiques (English text below)

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : Zoom

Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com

Practical info

The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • Videoconference: Zoom

For more information, please contact us at the following address: arvimm.groupe(at)gmail.com

Séance 8 — Les Cahiers d’avant la chute : “la révolution sera aussi de papier” — Vendredi 10 avril 2026

10 avril 2026

Les Cahiers d’avant la chute : “la révolution sera aussi de papier”

Rencontre-discussion entre Tinouche Nazmjou et Claudia Polledri (PhD, Université de Montréal)

La revue  Les cahiers d’avant la chute publiée à l’initiative de la librairie et maison d’édition Utopiran – Naakojaa (« non-où » en persan), créée à Paris en 2012 et dirigée par Tinouche Nazmjou (metteur en scène de théâtre, traducteur, éditeur et libraire), est un exemple fort intéressant de la mobilisation des diasporas iraniennes en relation au soulèvement révolutionnaire Femme, Vie, Liberté débuté en Iran en 2022. Cette revue s’inscrit dans le courant plus large de l’édition iranienne transnationale qui vise la création « d’un nouveau tissage du local et du transnational au sein des textes, ainsi que des pratiques culturelles de la diaspora iranienne » (Nanquette, 2022). À la fois chronique, laboratoire d’idées et collecte de témoignages réunissant les voix d’intellectuels et d’artistes, les cinq numéros publiés entre novembre 2022 et février 2023, dont l’un dédié aux oeuvres du dessinateur et illustrateur dissident iranien Mana Neyestani (né en 1973 à Téhéran), et l’autre collectant les images de « citoyens reporteurs » en Iran, renouvellent les pratiques militantes de la littérature pamphlétaire de la diaspora iranienne, dont les mouvements étudiants des années 1970, notamment aux États-Unis, ont produit plusieurs exemples (Taegue, 2024). Cette rencontre avec Tinouche Nazmjou sera l’occasion de revenir sur le processus de publication des Cahiers, sur la démarche éditoriale ainsi que sur les enjeux qui sous-tendent le projet.

Claudia Polledri est chercheuse à l’Université de Montréal (Laboratoire CinéMédias – CRIalt) et chargée de cours à l’UQAM (Département d’histoire de l’art).

Infos pratiques (English text below)

Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.

  • Horaires : 15:00-17:00
  • Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • Visioconférence : TEAMS

Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com

Practical info

The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.

  • Schedule: 3 to 5pm
  • Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
  • VideoconferenceTEAMS

For more information, please contact us at the following address: arvimm.groupe(at)gmail.com

Séance 6 — Des contre-espaces de l’art à la prison : Anadolu Kültür et la dissémination des contre-récits en Turquie autoritaire (2002-2022) — 20 mars 2026, 15h20, Inalco

20 mars 2026

Attention : séance dans le cadre de la journée d’étude  “Résistances et solidarités transnationales avec les artistes et intellectuel·les de Turquie (depuis 1980)” du Cermom, Inalco, 65 rue des Grands Moulins, 75013 – Amphi 5, 9h-18h30, M14 Bibliothèque François Mitterrand. Entrée libre, présentiel

Des contre-espaces de l’art à la prison : Anadolu Kültür et la dissémination des contre-récits en Turquie autoritaire (2002-2022) — 15h20

Perin Emel Yavuz, historienne de l’art, Idem — Institut pour la démocratie

Le cas d’Osman Kavala illustre de manière frappante le paradoxe qui structure la réception occidentale de la dissidence artistique et intellectuelle en Turquie. Bien que Kavala ait été, depuis les années 1990, un pilier discret mais essentiel du soutien à la culture critique et aux contre-récits (notamment via Anadolu Kültür, une institution culturelle à but culturelle non lucratif créée en 2002), sa figure n’est entrée dans la conscience internationale qu’à partir de son incarcération en 2017 suite à la répression des manifestations de Gezi (2013). Cette mise en lumière post-répression pose une question centrale soulevée par cet appel : l’Occident ne s’intéresse-t-il aux artistes et intellectuel·les de Turquie qu’au prisme de leur oppression, plutôt qu’à la substance même de leur résistance ? Cette communication propose d’analyser le développement et l’action d’un contre-espace culturel et ses déclinaisons (Depo à Istanbul, Diyarbakır Arts Center (DSM)) soutenus par Kavala. Ces initiatives ne se limitent pas à une opposition frontale, mais constituent des réseaux discrets permettant une dissémination des contre-récits historiques et politiques, notamment autour des questions arméniennes, kurdes et des minorités, sujets sensibles.

Nous explorerons plus spécifiquement trois axes qui répondent aux problématiques de l’appel. Premièrement, nous analyserons la stratégie des lieux et la censure : comment le choix des espaces alternatifs (Depo, DSM), opposés aux institutions officielles (Biennale d’Istanbul, Istanbul Modern), permet d’outrepasser la censure diffuse et l’autocensure, en créant des zones d’autonomie pour la production artistique et la mémoire citoyenne. Deuxièmement, nous nous pencherons sur l’articulation des réseaux : le rôle de ces plateformes comme mécanismes relais dans la circulation des œuvres et des idées entre la Turquie et l’Europe. Nous analyserons comment elles ont renforcé les solidarités transnationales bien avant l’incarcération de Kavala. Enfin, nous interrogerons le mythe du prisonnier : le paradoxe selon lequel l’emprisonnement de Kavala, figure de l’intellectuel persécuté, a conféré une visibilité internationale et un capital symbolique accru aux causes et aux artistes qu’il a soutenus, repensant l’efficacité des stratégies de résistance face à la répression. En examinant comment l’art soutenu par Kavala agit comme un vecteur d’empowerment citoyen fragmenté et situé, cette recherche vise à repenser les modalités de la résistance artistique dans un contexte autoritaire modernisé.

Parution : « Les artistes du Maghreb et du Moyen-Orient, 
l’art abstrait et Paris », Manazir, Vol. 6 (2024), coordonné par Perin Emel Yavuz et Claudia Polledri

Nous avons le plaisir d’annoncer la parution du numéro 6 de Manazir Journal intitulé “Les artistes du Maghreb et du Moyen-Orient,
l’art abstrait et Paris”, coordonné par Perin Emel Yavuz et Claudia Polledri.

Ce volume vient clore un cycle de travail du Groupe de recherche ARVIMM lancé en 2020 consacré à l’invisibilisation des artistes du Maghreb et du Moyen-Orient pourtant actifs dans la scène artistique parisienne de l’art abstrait dans la période d’après-guerre. Ce faisant, il propose une réévaluation de l’histoire de l’art moderne à l’aune de leur contribution. L’ensemble des articles réunis ici interroge les limites des récits dominants sur l’abstraction gestuelle et l’art informel, en replaçant ces artistes dans une histoire mondiale de l’abstraction et de l’art moderne.

Présentation

Après la Seconde Guerre mondiale, Paris continue d’attirer les artistes de la région MENA. La forme d’abstraction qui se développe alors à Paris, notamment dans les réseaux artistiques gravitant autour du Salon des Réalités Nouvelles, créé en 1946, peut, par certains aspects, faire écho à des traditions vivantes qui leur sont familières. L’historiographie générale de l’abstraction gestuelle ou lyrique et de l’Art informel est assez silencieuse sur ces artistes et ces traditions. Lorsqu’elle analyse les œuvres de Georges Mathieu, Hans Hartung ou Jean Degottex, elle se réfère plutôt aux arts de l’Asie de l’Est. Les œuvres de ces artistes de la région MENA — dont certains ont été formés à la calligraphie — sont le plus souvent étudiées en fonction de leur « aire culturelle » d’origine, qu’il s’agisse de la Hurufiyya (« lettrisme » en arabe), de la production de l’école turque de Paris ou de l’œuvre de l’Iranien Charles Hossein Zenderoudi. Les contributions de ce numéro étudient le contexte artistique et la scène de l’art abstrait à Paris après la Seconde Guerre mondiale, avec des sources nouvelles ou revisitées qui permettent de retracer la présence d’artistes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), et la redécouverte de ces artistes qui ont été des contributeurs essentiels à l’art abstrait mondial.

Consulter le numéro : https://bop.unibe.ch/manazir

Sommaire

 

 

Découvrez le thème du séminaire 2023-2024 !

Nous avons le plaisir de vous présenter le prochain thème du séminaire Histoires de l’art au Maghreb et au Moyen-Orient, XIXe-XXIe siècle (2023-2024) qui se déroule chaque année à l’Institut d’étude de l’islam et des sociétés du monde musulman/ École des hautes études en sciences sociales.

Le séminaire portera sur le thème “Art moderne et contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient : regards croisés sur les logiques culturelles d’une institutionnalisation en cours“.

Depuis les années 2000, les expositions, collectives ou individuelles, d’artistes du Maghreb  et du Moyen-Orient ont connu une croissance exponentielle, que ce soit en Occident ou dans la région, où le nombre d’institutions consacrées aux arts visuels s’est considérablement accru. Cela s’est accompagné du développement de collections muséales dédiées à la production artistique de la région et de la diaspora. Au-delà de la mondialisation qui a donné une visibilité internationale aux artistes du Sud global, quelles ont été les politiques qui ont conduit des institutions ou des galeries, au Nord comme au Sud, à organiser des expositions et à collectionner des œuvres, et selon quels critères ? Quel a été l’impact de ces politiques sur les parcours des artistes ? Quels sont les publics visés ? Aussi, si l’art contemporain a connu une diffusion remarquable, la période moderniste qui précède reçoit toujours peu d’attention, à quelques exceptions près. Comment expliquer ce décalage ? Notre réflexion se développera en prenant en compte les parallèles et les différences avec d’autres régions du Sud global.

Rendez-vous à la rentrée pour découvrir le programme et toutes les informations utiles pour vous joindre à nous.

Séance des étudiants — 2 juin 2023

10h à 12h [séance fermée]

Devenir Hassan Massoudy : La construction de soi d’un artiste arabe entre Bagdad et Paris au milieu du XXe siècle  — Marie Tufféry, M2, EHESS

Hassan Massoudy, né à Najaf en 1944, a connu un grand succès sur la scène artistique internationale grâce à ses calligraphies colorées nourries du contact de l’artiste avec l’art européen. D’abord formé à la calligraphie à Bagdad, Massoudy émigre à Paris en 1969 et entre à l’Ecole des Beaux-Arts. Après de longues années de recherches figuratives il retourne à la calligraphie sur les conseils de son entourage. Celui qui se rêvait peintre à l’occidentale devient alors, aux yeux du grand public, l’incarnation de l’artiste oriental, « calligraphe du désert » et passeur entre les cultures. À partir des archives de l’artiste, de ses écrits autobiographiques et d’une série d’entretiens, nous cherchons à mettre en évidence les mécanismes qui ont participé à l’élaboration de cette identité intime et artistique, une construction de soi, qui naît de l’interaction productive entre l’artiste arabe et son public occidental.

Marie Tuffery est diplômée de Sciences Po Paris et étudiante en master 2 « Arts, Littératures et Langages » à l’EHESS. Sous la direction de Rémi Labrusse, elle prépare un mémoire en histoire de l’art sur le calligraphe Hassan Massoudy. Arabisante, elle a auparavant travaillé dans une galerie d’art en Égypte.

Hocine Ziani, un autre orientalisme dans la production picturale algérienne contemporaine — Louise Fiorio, M1, ENS et Paris I

Hocine Ziani, l’artiste autodidacte qui se mit à faire de la peinture académique : c’est tout le paradoxe d’un parcours inédit au sein de la production artistique algérienne de la deuxième moitié du XXe siècle.
Ziani, né en 1953, peint à partir des années 1970 et jusqu’à aujourd’hui des portraits d’Algériens illustres ou inconnus, des scènes de genre, des batailles et des natures mortes. A chaque étape de sa carrière, il peint de tout sans distinction, même s’il commence avec le portrait et qu’il fait dans les années 1980 de la peinture d’histoire, pour répondre aux commandes du Gouvernement Algérien. Malgré la singularité de son travail, que l’on ne peut affilier ni à la génération précédente marquée par la guerre de Libération, ni à la génération suivante engagée sur le plan international, nous pensons que Hocine Ziani, son travail figuratif et ses stratégies pour exister sur la scène artistique sont représentatifs d’un moment dans l’histoire de l’art algérienne.
Enfin, et surtout, la peinture de Ziani suscite des réflexions étroitement liées au contexte décolonial : débats entre tradition et innovation, authenticité et universalité – la persistance de ces débats montre bien le poids colonial dans le développement des arts plastiques en Algérie. En étudiant la peinture de Ziani, nous explorerons donc les conséquences de l’irruption des valeurs occidentales sur la production artistique en Algérie, jusque dans ses manifestations contemporaines.

Louise Fiorio, étudiante en M1 de recherche en histoire de l’art contemporain, poursuis son cursus conjointement entre Paris-I Panthéon Sorbonne et l’École Normale Supérieure de Lyon, où elle a été admise en 2021 en histoire de l’art. Son mémoire de M1, sous la direction de Philippe Dagen, porte sur l’histoire de l’art en Algérie à partir des années 1960, et sur les réminiscences de l’orientalisme dans la peinture de l’artiste Hocine Ziani. Auparavant, elle a été commissaire de l’exposition d’art contemporain « Incurables » à Villeurbanne et a participé à plusieurs travaux de recherche pour le Musée des Beaux-Arts de Lyon, le Musée des Augustins de Toulouse et l’émission d’histoire de l’art « Oh ! Biz’Art » diffusée sur France 2 en 2023.