17 avril 2026
Séance des étudiant·e·s
L’art en contexte de conflit et d’exil syriens après 2011 : l’image et la performance comme outils de reconfiguration des récits individuels et d’une mémoire collective
Kenan Khatib, doctorant en arts plastiques, Université Rennes 2 (UR PTAC, EUR CAPS)
Entre survivance et exil, cette thèse de recherche-création s’ouvre sur une réflexion autour de la mémoire d’une ville détruite, sur les manières de la représenter dans un contexte géopolitique et culturel transformé par la guerre, et interroge le rôle de l’art dans la revitalisation de cette mémoire, individuelle et collective. L’artiste exilé·e devient survivant·e, redéfinissant son travail artistique à travers son parcours personnel et la réinvention d’une identité professionnelle, où l’art constitue à la fois un acte de résistance et un défi. Il s’agit, à partir de la communauté artistique syrienne installée à Berlin, Paris et ailleurs, d’analyser le rôle du collectif et du commun, ainsi que la transformation des espaces sociaux du travail artistique dans un environnement instable et conflictuel. Prenant l’espace public comme champ d’exploration, ce projet articule une recherche située et une pratique artistique socialement engagée pour examiner l’art comme outil d’action collaborative, de reconstruction et d’émancipation sociale.
Kenan Khatib est artiste et doctorant en arts plastiques à l’Université Rennes 2 (UR PTAC, EUR CAPS). Né à Damas, Syrie, il vit en France. Sa pratique artistique s’articule autour de la performance, de la vidéo, des installations visuelles et sonores, ainsi que de la danse des derviches tourneurs, à laquelle il a été initié dès l’enfance. Il a progressivement développé un parcours artistique professionnel marqué par des collaborations et des expérimentations au sein de divers ensembles en Syrie et dans plusieurs pays. À travers son projet de recherche-création, il explore la manière dont l’art peut revitaliser la mémoire personnelle et contribuer à la mémoire collective, en interrogeant la place de l’individu et des collectifs dans les contextes de conflit et dans les villes d’exil.
Légitimer la photographie parmi les arts : une histoire de collectifs, entre Kénitra, Dakar et Maputo (1980-2010)
Julia Hancart, doctorante en histoire de l’art, Université Paris Nanterre, HAR
L’entrée de la photographie dans le champ artistique s’est faite de manière progressive et souvent conflictuelle. Depuis son invention au XIXe siècle, elle est longtemps restée tenue à distance du monde de l’art en Europe. Ce n’est qu’à partir des années 1970 qu’elle accède à un statut artistique, à la faveur de processus de légitimation institutionnelle – dont témoigne notamment la création du festival des Rencontres photographiques d’Arles en France.
Cette histoire demeure bien moins documentée sur le continent africain. L’historiographie dominante situe généralement les années 1990 comme l’avènement d’une « photographie africaine » dans le champ artistique – un label dont on peut interroger la pertinence. Cette reconnaissance est souvent associée à la création des Rencontres photographiques de Bamako en 1994, une initiative largement portée par des acteurs français.
Cette lecture tend cependant à occulter des dynamiques antérieures. Dès les années 1980, plusieurs initiatives émergent avec la volonté affirmée de faire reconnaître la photographie comme un art à part entière. Celles-ci sont portés par les photographes eux-mêmes, qui, se regroupent en collectifs afin d’exposer leurs travaux auprès d’un public local. Ainsi, en 1981, le Salão nacional de arte fotográfica [Salon national d’art photographique] est lancé à Maputo par un groupe de photojournalistes à l’origine de l’Associação Moçambicana de Fotografia [Association mozambicaine de photographie], créée la même année. En 1987, un autre Salon national d’art photographique est initié à Kénitra, au Maroc. Celui-ci, porté par une quarantaine de photographes amateurs, conduit à la création de l’Association marocaine d’art photographique en 1988. À Dakar, un collectif plus informel se constitue en 1990 et organise, dès 1992, le Mois de la Photo, une biennale soutenue par le Centre culturel français.
Longtemps reléguées aux marges d’une histoire de l’art occidentalocentrée, ces initiatives constituent des jalons essentiels dans les processus locaux de légitimation de la photographie. Elles mettent en évidence le rôle structurant des dynamiques collectives dans l’émergence de nouvelles scènes artistiques. Cette intervention propose d’en retracer les trajectoires, d’en esquisser les circulations et les échanges, tout en accordant une attention particulière à la singularité du cas marocain.
Julia Hancart est doctorante en histoire de l’art et rédactrice en chef adjointe pour Le Grand Tour, revue annuelle dédiée aux biennales d’art contemporain. Diplômée de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Sciences Po Paris, elle a travaillé dans des institutions publiques (Cnap, Centre Pompidou) et des galeries (Gagosian, Thaddaeus Ropac). Elle a coordonné le numéro inaugural des Cahiers du Collège International de Photographie, et mène actuellement des recherches en vue d’une thèse intitulée « Exposer la photographie depuis l’Afrique : une histoire de collectifs (1981-2010) », à l’université Paris-Nanterre, où elle enseigne l’histoire de l’art.
Infos pratiques (English text below)
Pour permettre au plus grand nombre de suivre le séminaire, celui-ci se déroulera cette année en mode hybride.
- Horaires : 15:00-17:00
- Lieu : Salle B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris
- Visioconférence : Zoom
Pour toute information, contactez-nous à l’adresse suivante : arvimm.groupe(at)gmail.com
Practical info
The seminar will be held in hybrid mode to allow as many people as possible to attend.
- Schedule: 3 to 5pm
- Location: Room B03_18, 54 bd Raspail 75006 Paris (capacity: 12 seats)
- Videoconference: Zoom
For more information, please contact us at the following address: arvimm.groupe(at)gmail.com
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
arvimm (12 avril 2026). Séance 9 – Séance des étudiant·e·s – 17 avril 2026. ARVIMM. Consulté le 11 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/161x6